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FASHION TALK SERIES PART 1: DARKSTONE

Donner des conseils vestimentaires à mes clientes, leur faire connaître des marques existantes qui correspondent à leurs styles, morphologies, personnalités et leur offrir une belle expérience shopping en fonction de leurs besoins résume en quelques mots mon métier. Nous connaissons la plupart des marques de mode et de beauté existantes telles que Louis Vuitton, Hermès, Gucci, Jacquemus, Maje, A.L.C, Claudie Pierlot, Zara, Mango, M.A.C, Black Up, Clarins, Sephora, pour ne citer que celles-ci, mais il existe aussi et de plus en plus de nouvelles marques créées par des designers africains talentueux dans les domaines de la mode, de la beauté, du design qui méritent également d’être connues car leurs créateurs font un travail magnifique. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de parler de ces jeunes marques et de leurs créateurs à travers cette série d’articles que j’ai intitulés Fashion Talk Series. Ces articles auront pour but de nous faire découvrir de nouveaux talents et créateurs africains mais aussi l’histoire de leurs marques.

Dans cette première partie de ce Fashion Talk Series, mon invité du jour est David Ndjina, créateur de la marque Darkstone avec qui j’ai eu le plaisir de collaborer lors d’un shooting pour le lancement de Ruby Colours, sa collection de Prêt-à-Porter femmes automne hiver 2020-2021.

P: Bonjour David, Merci de me recevoir dans ton showroom. Pourrais-tu te présenter et nous dire comment t’es venue l’idée de créer une marque de vêtements et accéssoires de mode?

D: Bonjour Patricia! Je suis d’origine Camerounaise et je vis en France, à Lille précisément où je suis basé. Étant dans un brouillard de questionnement,  lors d’une dispute avec un membre de ma famille qui me traitait de tout et de rien,  j’ai riposté en lui disant que dans mes veines coule le travail pas le sang d’où le surnom Workers (sourires…). Je voulais juste exprimer que je n’étais pas le genre à baisser les bras et à partir de ce jour là, mes proches ont commencé à m’appeler “Hardworker”. Plus on m’appelait ainsi, plus je me sentais en confiance. Un jour j’ai eu l’impression d’avoir une révélation qui me disait de créer des vêtements inspirés des travailleurs. En navigant sur internet un jour, je suis tombé sur un site de mineurs qui parlait du courage, de la force, de la détermination des femmes et des hommes d’honneur qui mettaient leurs vies en danger tous les jours pour faire vivre leurs familles.  L’histoire de ces femmes et de ces hommes d’honneur m’a ému à tel point que je me sentais comme un des leurs. Ces femmes et ces hommes qui ont risqué leurs vies pour produire des richesses n’ont j’amais eu de reconnaissance à la mémoire de leurs âmes. C’est pour cette histoire que j’ai crée la marque Darkstone à la mémoire des mineurs.

P: De quoi t’inspires-tu pour créer tes designs?

D: Je m’inspire du travail des mineurs, de la nature, de mes voyages, de l’art, de la culture, du mode de vie des différents groupes ethniques qui peuvent avoir des préférences pour certaines couleurs,  la manière dont les gens vivent influence le type de vêtements qu’ils achètent.

P: A quel type de clientèle s’adresse Darkstone et quel style de vêtements proposes-tu à ta clientèle?

D: Darkstone cible des jeunes femmes et hommes de 25 à 35 ans qui représentent le marché le plus vaste. Ma marque vise une clientèle de CSP+ (jeunes cadres ou cadres supérieurs). Ce sont des personnes entrant dans le marché du travail,  des jeunes cadres qui ont besoin de se valoriser personnellement et professionnellement.  Depuis plusieurs années le marché de la mode a évolué, de plus en plus d’hommes et de femmes (étudiants, cadres, chefs d’entreprises, sportifs, hommes d’affaires, politiciens…) s’intéressent à des vêtements décontractés, décalés et avant-gardistes.

P: Où sont fabriquées les collections Darkstone?

D: Pour l’instant les collections Darkstone sont fabriquées en France. Je propose une gamme complète de vêtements de Prêt-à-Porter pour femmes et hommes: robes, vestes, manteaux,  chemises, pantalons et accessoires.

P: Que penses-tu de la mode africaine? Penses-tu que les créations africaines sont adaptées à une clientèle internationale ou beaucoup plus locale?

D: L’Afrique est la source d’inspiration de la mode à travers le monde, c’est mon avis personnel. Les créateurs africains sont obligés de se battre avec les moyens de bord étant donné que leurs moyens financiers sont limités et qu’il existe des inégalités d’opportunités pour ces derniers dans les pays occidentaux. Tout le monde sait que dans toutes les entreprises du monde,  pour faires de grands projets, il faut des financements.  L’argent est une grande force inégalée dans le développement de la créativité et l’épanouissement d’une entreprise.

De plus, la majorité des créateurs africains sont peu adaptés à la clientèle occidentale car cette dernière se fournit plus vers ses semblables ou des marques occidentales déjà très connues, ce qui est normal en même temps car ces grandes marques détiennent la plupart des grandes enseignes de vêtements de mode.

D’autre part, les créateurs africains représentent moins de 3% du marché de la mode en occident d’où la difficulté à se faire une petite place, il y’a une véritable compétition internationale! Néanmoins, l’africain en général est quelqu’un de déterminé, qui ne lâche rien donc on commence de plus en plus à se créer un chemin dans l’industrie de la mode internationale en créant des vêtements adaptés aux africains mais aussi à une clientèle internationale et ça malgré les challenges auxquels nous sommes confrontés.

P: Je suis d’accord avec toi, la créativité et le talent des acteurs de la mode sur le continent africain ne font aucun doute, mais il y’a encore bien des défis à rélever dont l’amélioration des infrastructures pour limiter les coûts de production et augmenter la capacité de production, s’assurer d’avoir une supply-chain efficace mais aussi accroître et améliorer le marketing et la communication des marques car bon nombre d’entre elles manquent encore de visibilité (boutiques en ligne, présence sur les réseaux sociaux, présence physique dans les différents hubs de la mode notamment Paris, Londres, Milan ou New-York.)

P: As-tu déjà participé à des défilés de mode en France et à l’étranger pour la présentation de ta marque? Si oui, lesquels? Des parutions dans la presse ou magazines?

D: Depuis la création de la marque Darkstone en 2004, j’ai participé à beaucoup de défilés de mode et expositions que ne citerai plus car l’esprit de la marque étant futuriste. Je me projette vers l’avenir tout en n’oubliant pas le passé qui restera toujours ma source d’inspiration, mon école, le regard toujours posé sur le rétroviseur pour me rappeler mes multiples erreurs afin d’éviter de les répéter à l’avenir.

P: Des projets pour les prochaines années?

D: Dans les cinq prochaines années j’ai la vision de créer une mode pour hommes de plus en plus osée, chic et soignée.  Les couleurs vont évoluer pour les vêtements hommes et l’intérêt pour la mode va de plus en plus toucher les hommes de plus de 40 ans.

P: Comment peut-on te joindre?

D: Mon siteweb est en construction mais je suis également joignable sur Instagram

Darkstone Showroom:

57 Rue de Béthune-Rue du Court Debout 8 à 18

59000 Lille (France)

P: Merci David et bonne continuation!

D: Merci Patricia!

J’espère que vous avez aimé la première partie de ce fashion talk et si c’est le cas dites-le moi en commentaires en dessous. Vous pouvez également me faire des suggestions sur ce que vous aimeriez voir la prochaine fois. Si vous souhaitez en savoir plus sur la marque Darkstone, n’hésitez pas à contacter David Ndjina ou à passer à son showroom à Lille lors d’un séjour.

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A bientôt pour un prochain article!

XoXo

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